jeudi 16 février 2012

~ BEL AMI ~ Episode 2


SAINT MARTIN, le 16 février 2012


L'heure du départ à sonné !



SAINT MARTIN, le 16 février 2012


Chers tous,


Enfin l’heure du départ a sonné et nous commençons le 16 janvier, notre  remontée vers ST MARTIN, notre port d’attache. Les grains se succèdent et, un alizé « musclé » de 35 nœuds et 3 m de creux nous cueillent au rocher du Diamant (élevé au rang de « navire de sa royale majesté » = HMS diamond rock, après avoir résisté 17 mois en 1804-1805 aux assauts des français, qui en vinrent à bout en faisant échouer des barques chargées de fûts de rhum !!! la nature humaine est faible sous tous les drapeaux : ivres morts, ils furent vaincus sans autre forme de procès !)La France avait sacrifié le Canada « ces quelques arpents de neige » en 1763 contre l’île aux fleurs » notre chère (très chère) Martinique…




Nous avalons les 26 miles jusqu’à ST PIERRE, tout en haut de la Martinique, ville martyre de l’irruption volcanique du 8 mai 1902 dont réchappa un seul survivant :Cyparis , l’unique prisonnier du cachot de la ville ;la vie est vraiment injuste !!!il reste quelques ruines de l’ancien opéra, de la cathédrale et de la bourse, des splendeurs d’antan du « petit Paris des antilles » aujourd’hui bourgade mollement endormie au pied de la montagne Pelé…sauf le soir, où une nuit reggae se prépare et, nous berce loin dans la nuit !
trop tard pour changer de mouillage et risquer de prendre l’ancre dans les vestiges sous-marins des carcasses de navires coulées lors de  l’irruption. Au lever du soleil, nous appareillons pour la Dominique et attaquons le « canal » après avoir slalomés une heure entre les casiers de pêcheurs.

40 nds de vent sous des rafales incessantes :les 60 miles nous paraissent bien longs et, nous découvrons  un bateau  complètement « retourné « en arrivant !comme notre estomac d’ailleurs !vive le ti-punch qui réconforte le marin !fruits merveilleux, avocats extraordinaires, boats-boys adorables, et ambiance nettement mieux sécurisée que les années précédentes. Le lendemain, Edouard emmène Evelyne visiter en barque la rivière indienne , must local de la vie des mangroves, où grouille toute une nature fabuleuse et surdimensionnée de crabes de terre blancs géants, d’oiseaux , de poissons, d’espèces végétales inconnues, de fleurs étonnantes, et d’arbres aux racines torturées ,etc… ;





La Dominique est l’île nature par excellence, où cascades, sources d’eau chaude et froide, perroquets, et…  « réserve » des derniers indiens caraïbes, survivants des appétits britanniques, français et hollandais qui s’affrontèrent pendant des siècles dans ces îles de cocagne. Dans Rupert bay où nous « mouillons », le paysage est ponctué de carcasses rouillées de cargos jetés à la côte lors des cyclones et, donnent au village de Porsmouth un air de fin du monde, certaines carcasses abandonnées là, touchant les maisons !...Je me rends à la douane faire la « clearance » avec un navigateur de l’équipe de Joyon, qui arrive tout droit de Cabo Verde (îles du Cap vert) :les douaniers en restent stupéfaits et, déploient une carte pour qu’il leur situe l’archipel !d’habitude, l’ »atterrissage » se fait plus bas en Martinique ou à la Barbade, et ce marin qui arrive de la transat s’apparente pour eux, à un martien.





Il me raconte en attendant les coups de tampons à répétition, qu’il a embarqué aux Canaries, des « marins d’eau douce » pour l’aider à faire les quarts :deux vraies bergères ardèchoises qui ressemblent à des « saddhus » indiens !et, une « altermondialiste » belge désireuse de rejoindre le Brésil, mecque des « verts » !au bout de quelques heures, elle voulut expliquer la voile au skipper et « prendre le pouvoir à bord » !il a dû la débarquer au Cap vert et lui payer un billet pour Rio ! »bizarre !bizarre ! »tout un programme !qui nous rappelle furieusement quelqu’un , vous savez, descendue de tout là-haut, en Norvège !!!

La-dessus, « ti-punch » notre boat-boy propose à Evelyne de l’emmener à la reggae-night des lolos de la plage ! Edouard s’y opposant, il s’en étonne : »tu as déjà une femme ! laisse-moi m’en occuper !» Mais, Edouard décide d’assumer sa bigamie :c’est « niet ».A 21h, quelques mesures de Bob Marley trouent la nuit tropicale !et,… c’est parti !quelle nuit !!!!

Le lendemain, 20 miles « tranquillou » à 20 nds et, nous arrivons dans la fabuleuse rade  des « Saintes »,où, la flotte de l’Amiral de Grasse tenait toute entière et y fut défaite par celle de l’amiral anglais Rodney en 1782.Ah !ces anglais et ces français !c’est une très vieille histoire ! dont le refus de l’euro communautaire n’est qu’un avatar de plus!

Nous jouons les sauveurs d’une petite vedette « ti pelican » en panne de moteur, et, d’apéro de réconfort en apéro de remerciement, nous retrouvons un vieil ami d’Edouard, ancien pharmacien à Vence, (où son  frère exerce toujours d’ailleurs !) C’est un esprit original, passionné de mécanique aérienne et navale qui a construit son voilier et termine son avion !!! malheureusement, entre-temps, l’aéroport des Saintes a fermé faute d’entretien sérieux !...adieu, les vols entre les îles avoisinantes dont rêvait notre ami !Nous rencontrons aussi Patrick Morvan, ancien coureur de la route du Rhum au temps de la grande époque des années 70, et pilier de Pont-Aven « chez Jacky » pendant les mois d’été, où la famille de son épouse est ostreïcultrice depuis plusieurs générations. Bref, des belles rencontres de marin, et, c’est sûr, nous ferons une escale plus prolongée l’an prochain pour retrouver tout ce petit monde très sympathique…qui vient nous dire au-revoir le lendemain sur de superbes esquifs construits « a mano » !





A 10h30, départ pour DESHAYES en haut de la Guadeloupe pour une escale avant de partir pour Antigua. Des vents catabatiques nous secouent au passage des pentes du volcan de la soufrière, mais à partir de « vieux zhabitants » nous mettons le moteur pour arriver dans l’après-midi au milieu du « champ de mines » des casiers de pêcheurs. Le carillon de l’angélus du clocher de DESHAYES sur la plage, nous réveillera en douceur le lendemain matin.

En remontant vers l’île d’Antigua, un puissant jet troue brutalement la mer, et une baleine à bosse surgit entre les vagues !son œil noir nous fixe longuement, comme étonné : deux mondes se contemplent !!!...puis elle plonge dans le sien et,… nous restons dans le nôtre, stupéfaits et émus de cette rencontre improbable.




Nous arrivons en début d’après-midi dans la baie de Falmouth Harbour, qui relie le Nelson Dockyard d’English Harbour par un petit isthme .Ce site est le Graal de notre voyage et nous décidons d’y passer 3 jours pour visiter l’île et surtout le site historique de Nelson Dockyard magnifiquement restauré par les anglais. Anglaise depuis 1632, les noirs importés sur l’île le furent pour leurs talents de marins et non, d’agriculteurs, comme partout ailleurs dans les « west indies ».La flotte anglaise y était entretenue et construite par des marins hors pair, qui aujourd’hui encore, rallient tous les suffrages des propriétaires de vieux gréments de toute beauté, d’unités ultramodernes, ou de bateaux de course extraordinaires ; si bien que l’on peut y admirer les plus belles unités du monde, sur lesquelles s’affairent des ruches d’antiguais à la « manœuvre » :C’est un spectacle unique au monde. Des plages de sable blanc splendides complètent la découverte de cette île qui mérite le déplacement, et que nous terminons par un très bon dîner à la « croix du sud » admirant les mâts de ces très beaux  voiliers  dans le coucher du soleil.




Nous appareillons pour Nevis, petite île à 52 miles de là, au nord de Monserrat, île complètement détruite et évacuée depuis plusieurs années en raison des éruptions régulières de sa soufrière. Un nuage blanc inquiétant flotte à son sommet comme une girouette géante .La mer est forte avec une grosse houle croisée très pénible, et c’est avec soulagement que nous saisissons une bouée devant l’hôtel du «  Four Season’s » qui a quelque peu perdu de sa superbe, malgré une exceptionnelle plage de sable blanc, bordée de cocotiers.

Demain, départ pour ST BARTH, où nous irons directement attraper une bouée dans la baie de Colombier, au milieu d’un herbier où trois tortues de tailles différentes viennent régulièrement prendre l’air,pour notre plus grand plaisir !nous nommons nos tortues par les prénoms de nos petites filles !Bertille, la petite rigolote, qui agite ses pattes à la surface, aussitôt suivie de Margaux, la «  moyenne » qui donne l’impression de la protéger !Enfin , la « grande » :Clémence, qui « veille au grain » et, bat le rappel de la petite troupe quand le moment de plonger ou d’échapper à des curieux, revient !Elles ont une synergie relationnelle très étonnante pour des animaux qui naissent seul au monde, et courent vers leur destin pour échapper à leurs prédateurs dès la sortie de l’oeuf! au Colombier, elles vivent tranquilles, en paissant sur leurs herbiers et semblent organisées avec une vie sociale!




Le lendemain soir,inspirés par cette minute zoologique, nous décidons de céder à la tradition « moutonnière » de la baie :prendre l’apéritif sur la plage au coucher du soleil !aussitôt dit, aussitôt fait :les coupes et le champagne volent dans l’annexe et nous débarquons, quasiment trempés par une arrivée délicate sur une grève qui « descend » très vite ne nous laissant que le choix d’un bain plus ou moins volontaire !l’eau n’est pas très chaude, 25°, (je sais vous vous en contenteriez en regardant la neige tomber à Nice!)mais, à espérer 30°, on finit par être déçus !...tout est relatif !mais quel coucher de soleil inoubliable pour terminer ce périple!

Demain, 27 janvier, arrivée à L’Anse Marcel (ST MARTIN) et un peu de repos en perspective! retrouvailles avec les moustiques et les chats errants et sauvages, qui entreprennent de squatter nos coussins !le soir venu, nous nous transformons en tueurs :Edouard avec sa raquette à griller les moustiques et les fourmis volantes, et moi avec une bombe qui effraie les chats en leur envoyant un jet quand la cellule détecte leur présence sur la passerelle, dixit le vétérinaire !

C’est surtout moi qui ai pris le jet, en oubliant de la déconnecter, pendant qu’Edouard se donnait un coup de raquette, à force de se transformer en moulin à vent !Un vrai dessin animé de tex Avery : extinction des feux !on va se coucher plus tôt , demain il fera jour !


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