Dernière partie de l'aventure BEL AMI !
GORDA SOUND/VIRGIN GORDA, le 4 Mars 2012
Chers tous,
Le jour de
la St Valentin, Geneviève et Gérard GAMUS sont arrivés (déjà bronzés après un
premier voyage sur l’Orénoque). Après un premier bain moins exotique au Domaine
de Lonvilliers et un solide mojito, (signe indubitable que les vacances ont
commencé), puis un sommeil réparateur,
nous avons attaqué l’intendance pour partir aux ILES VIERGES dès le décalage
horaire digéré !
Lors de ces courses, le choix des bananes s’est avéré
crucial :ici il y en a de trois sortes et, Gérard, toujours coquin nous a
rappelés leur nom :
-« allez
vous rhabiller jeune-homme »
-« rêve
de jeune-fille »
-« houla,la,la !!!
maman !!!…tant pis si j’en crève » !je vous laisse deviner la
nature du dilemme !le chapitre courses étant réglé, Super-Gérard, a sauté
sur son tournevis pour fixer un nouvel aspirateur de cuisine qui encombrait le
plan de travail, car, dans un espace aussi réduit, l’affaire tourne vite au
conflit larvé quotidien !voilà un problème en moins !merci
Gérard !
Un petit
tour à Philisbourg, la Mecque hollandaise de la Hifi, Photo, etc… en détaxe, puis
début des festivités nautiques avec un mouillage nocturne dans l’Anse Marcel
devant la plage du Domaine afin de partir à l’aube sans déranger le port. 6h15
départ au lever du soleil pour 85 miles nautiques d’allure portante pour
remonter le passage d’Anegada. Les filles sont chargées de voir et signaler les casiers disséminés traîtreusement sur la
route, prêts à se prendre dans l’hélice. Au loin, l’île de Saba se détache dans
la brume, mais point de »Reine » à l’horizon !ce doit être une
sirène, l’île étant le paradis de la plongée.
Anguilla,
Prickly pear et Dog island, défilent puis, nous attaquons la haute mer et
Gérard installe l’artillerie lourde pour prendre une daurade Coryphène! En
attendant de pêcher la candidate « ad hoc », la traversée vers
« les Vierges » se fait avec un temps de demoiselle, alors que nous escomptions une allure « tambour
battant » pour la voile, poussés par les alizés. Pour arranger le moral
des marins, nous avons fait chou blanc côté pêche, et dû ranger les éléments
indispensables à notre « modus opérandi » favori pour régler leur
compte rapidement et sans souffrances aux grosses bêtes
pélagiques :daurades, bonites, whaou, …dès que l’animal est hissé sur le
pont, il ouvre sa gueule et, on en profite pour lui envoyer une sérieuse rasade
de rhum 50° dans le gosier :c’est radical !immédiat ! et, sans
bavures !avis aux amateurs de ti-punch: le rhum est un neuro-toxique
très efficace qui remplit les asiles d’aliénés dans nos îles bien-aimées.
De
désespoir, Edouard a décidé de prendre un « petit » ti-punch pour
oublier cette déconvenue peu glorieuse :pas de vent, et pas de Daurade,
c’est beaucoup trop pour un marin digne de ce nom après 85 mn de houle! vers
15h30 arrivée à GORDA SOUND devant l’hôtel BITTER END YACHT CLUB (= »fin
des ennuis yacht club » !
L’équipage
descend vérifier si les 11000 « vierges » évoquées par Christophe
Colomb sont toujours dignes de leur réputation !malheureusement, malgré un
rhum punch récupérateur à l’ »happy hour » de Saba rock, îlot-bar au milieu de la passe du lagon d’Eustatia
sound, les locales en petit tablier blanc du plus bel effet, sont plutôt du
style « charpenté » et pas vraiment
attractives ! notre DSK national a dû passer par là avant
nous !il faut que nos hommes se rendent à l’évidence :il n’y a plus
de vierges à l’horizon !mais seulement de splendides navires (mot féminin
en anglais, une consolation tout de même ! ) qui fréquentent ce mouillage
de Gorda Sound. C’est un régal de les contempler dans le coucher du soleil sur
le plan d’eau, puis, tout illuminés quand la nuit est tombée.
Arrivés un
samedi, la séance over time aux « custom et immigration » un dimanche
promettait d’être musclée !Nous nous sommes copieusement fait remettre
dans le droit chemin, et après forces sourires et effets de manches de l’équipe
féminine, nous avons évité l’amende de justesse !!!la prochaine fois, il
faudra « mouiller » devant le port de Virgin Gorda, devant la
barrière de corail, en attendant que le captain revienne avec les formalités
faites dans les 8h suivant l’arrivée…Ouf !On évite la
« quarantaine » ? ces british, même noirs, ne plaisantent pas
avec la paperasse.
Un bon
snorkelling sur la longue barrière de corail du lagon d’ Eustatia sound nous
réconcilie avec la vie :poissons multicolores, coraux, …le rêve. Ce lagon
se situe juste devant Necker Island, île qui appartient à Ch.Branson, propriétaire
de Virgin.
Nous partons
pour l’île de Marina Cay à 12 mn de là, une plaisanterie nautique fréquente
dans cet archipel, où les distances sont petites. Incontournable « happy
hour » sur la colline avec un revenant des années 60 qui chante de la country
music. Le lendemain nous réserve une frustration de taille :le générateur
refuse de démarrer, donc pas de café Nespresso !!!panique à bord !!!
Super-Gérard a pris les choses en main, en descendant examiner l’engin de très
près . Il a trouvé au fond du générateur, une grille- filtre complètement
obstruée par des concrétions calcaires qu’il a entrepris d’évacuer au stylet et
à la pince à épiler : il semble que cela empêchait le débit correct de
l’eau et causait la casse répétitive de l’empeller, (3 en 1 an..)… direction le port de Virgin Gorda pour faire
réparer ;Edouard a fait des progrès stupéfiants en mécanique, en nous
annonçant que c’était probablement l’empeller qui était cassé, et…plus
stupéfiant encore !qu’il en avait un de rechange !!!
Après
consultation téléphonique du « club des Gérard » d’Edouard (Martin-Groux-Gamus)
pour affiner le diagnostic : nous avons trouvé l’homme « qui va
bien », observant de surcroît, avec exactitude, des horaires
british !il est arrivé comme promis, après le lunch, et, a changé l’engin,
tout nettoyé et, fait repartir « la bête » !!!it’s ok sir !.
En 2 heures, l’affaire était réglée, d’autant mieux que le magasin n’avait pas
ce type d’empeller…nous avons échappé à une immobilisation forcée de
justesse (:merci Edouard)(merci Gérard) et recommandé immédiatement cette
pièce très fragile.
Laissant nos
hommes se débattre dans les problèmes techniques,(l’intendance suffit à notre
bonheur) Geneviève et moi, sommes partis faire une escapade aux
« Baths », site remarquable d’énormes blocs de granit comme on en voit aux Seychelles, essaimés sur
une plage de sable blanc de toute beauté. A la fin du jour, les touristes partent et les annexes étant interdites sur
la plage les yachtmen du mouillage terminent à la nage pour venir marcher
tranquillement sur la plage et échanger leurs expériences de voyage au long
cours, ou, plus prosaïquement, leurs aventures de semaine de « loc »,
les BVI étant un merveilleux terrain de jeu pour les américains qui y louent en
masse catas et monocoques. Rencontre avec un jeune couple de français partis il
y a 3 ans avec leurs 2 enfants de 10 et 12 ans pour un tour de
l’atlantique et un an de tour, sac à dos, de l’amérique latine; retour de
la famille en juin avec des enfants
maîtrisant le portugais, l’espagnol et l’anglais…mais manifestement ravis de retrouver l’ambiance des
copains (français)!
13mn plus
loin au sud-ouest du Francis Drake
Channel, nous arrivons à Norman Island dans « the Bight » un site
bien connu des pirates d’autrefois, où Stevenson situe son livre « l’île
au trésor », le lieu ayant la réputation de receler un trésor jamais
découvert à ce jour !avis aux amateurs !et là, Super-Gérard,
incorrigible pêcheur, nous fait la magnifique surprise de nous pêcher une
langouste pour l’ »happy hour » !il s’est fait un nouveau
copain :un barracuda d’1m80 qui l’a suivi pendant toute sa pêche !!!Le
lendemain , il nous entraîne dans un beau snorkelling sur la rive et nous
terminons cette belle journée au coucher du soleil par un « happy hour »
au Pirate’s bar bien connu dans toutes les vierges, surtout pour son
« live tonight » qui ne manqua pas de nous assommer de reggae toute
la nuit jusqu’à 3h du matin !!! lever de camp dès le matin ,la paupière
glauque, pour « Jost van Dyke » à 22mn de là, plus au nord de
l’archipel…Petite île découverte par un pirate hollandais qui fit venir en
1730, des « quakers » pour cultiver la terre, Il en reste les fameux
« hammocks » = demi-chaises
longues en bois, très typiques de l’univers « quaker » qui vont
tomber très bien pour nous recueillir après cette nuit démente !
Cette île
ne sortit de sa torpeur que lors de la prohibition américaine dans les années
20, où elle devint un centre actif de contrebande : »bon sang ne
saurait mentir ». De là, peut-être, la réputation très alcoolisée du bar
de marins et de régatiers de chez Foxy’s ?départ pour le barbecue géant de
ribs, poulet et mahi-mahi très réputé, et … « Friday night » de
popmusic! Gérard , incorrigible danseur toujours fringant, s’est démis le genou en dansant avec
Geneviève un rock endiablé !…après plusieurs essais de manipulations, il a
fallu se rendre à l’évidence et dégainer l’infirmerie du bord pour le soulager(merci
Evelyne !!!) . Pourvu qu’il tienne jusqu’au retour !Geneviève, avec
les valises et Gérard dans un fauteuil roulant au mini-aéroport de Tortola..je
ne le « sens » pas vraiment !heureusement, le lendemain, après
une journée d’immobilisation, puis des bains de mer, un mieux s’est fait sentir
et il repartira sur ses deux jambes. En attendant,… re « live
tonight » jusqu’à 3h du matin !!!Edouard et moi, décidons d’une
« sortie » à White bay dont nous avions un souvenir ému de l’an
passé :cette plage corallienne est toujours aussi belle , et le petit
hôtel « sandcastle » est toujours « royal » avec ses 4
bungalows « kitch » au cœur d’un jardin tropical qui borde la plage
où chacun peut se sentir le roi du monde dans un endroit aussi unique, et
retrouver le rythme d’une vie oubliée, sur fond de cris de pélicans.
En revenant,
nous rencontrons un supermaramu Amel américain qui s’appelle:…BEL
AMI !!!incroyable mais vrai !leurs propriétaires l’ont acheté
d’occasion et font du charter avec ;ils voulaient savoir ce que
signifiait :BEL AMI !!!et, devaient venir fêter à bord cette
rencontre improbable pour l’happy hour, mais tout à coup, ils ont levé l’ancre
à toute vitesse en nous disant qu’ils avaient une urgence et ont disparu en
direction de ST THOMAS (USVI) ;ils ne sauront jamais ce que veut
dire :BEL AMI !!!en attendant, le « Saturday night »
commence et durera …jusqu’à …3h du matin à nouveau !
trop, c’est
trop, dimanche, nous levons l’ancre pour Diamond Bay à l’Est de l’île où il n’y
a ni restaurants ni habitations !la
paix, on veut juste :la paix !!!malheureusement, la mer est dure et
les alizés très forts pour un mouillage durable…et, nous repartons pour
Peter Island au sud-ouest de l’archipel, où une nuit de rêve nous attend après
un beau snorkelling à quelques mètres du bateau :le rêve.
Lundi nous
remontons 40 mn vers Monkey point sur Guana Island , où on nous a signalé un
très beau mouillage :White bay (encore !terme générique des BVI pour
nommer toutes leurs plages de sable blanc : white bay). En effet, le
snorkelling de Monkey point est merveilleux et la houle du nord qui se lève
nous en chasse pour nous rapatrier plus à l’abri dans White Bay. Cette immense plage
est privée, réservée à un hôtel et, nous y descendons pour une balade sur la
plage ;il n’y a plus personne d’autres que nous pour apprécier ce
« sun downer » exceptionnel où l’on entend seulement les rafales de
vent, les cris des pélicans et des frégates qui pêchent, surveillés par un
tarpon d’1m50 qui patrouille le long des « secs » découverts par la
marée , en quête d’un rescapé de ces pélicans insatiables. Une vedette très
luxueuse a descendu trois femmes milliardaires d’un yacht de 100m mouillé à
l’entrée de la baie, et, nous constatons que malgré tout l’or du monde, pour
elles aussi, rien n’est plus merveilleux qu’une simple promenade les pieds dans
l’eau au coucher du soleil, loin de la civilisation, et au milieu de nulle
part. On revient aux fondamentaux de l’être humain, et on repense à ces
adolescents qui étaient chargés de courir derrière les sénateurs romains dans
l’antiquité en leur criant régulièrement : »memento mori »
(=souviens-toi que tu es mortel) et ne te laisse pas enivrer par la
gloire !
Au matin,
nous retournons à Monkey Point nager et plonger dans ces eaux cristallines pour
un snorkelling d’anthologie interrompu par l’arrivée d’un cata d’allemands
dirigé par une « grüpe führer » vociférant et aboyant des ordres à
son équipage !pour nous cette intrusion violente dans notre monde
paradisiaque sonne le signal du départ
pour Treillis Bay, après quelques
déambulations au milieu des coraux. Cette baie est située au bout de la piste
du petit aéroport de Tortola, ce qui permet d’amener et récupérer ses passagers
en dinghy au ponton.
Après
découverte des lieux qui se résument à deux ou trois bars et guests house dans
le style « peace and love », nous sommes intrigués par le passage
d’une minuscule locale tous appâts au « balcon » au bras d’un immense
naïf tout fiérot de sa trouvaille !...une « vierge » ou une
« salope tropicale » ???l’histoire ne nous le précisera
pas !et, nous les retrouvons à califourchon sur un banc avec vue
plongeante sur les dits appâts: la petite chérie noire prête à lui faire séance
tenante une démonstration de ses talents !la tradition africaine de « boutique
mon cul » a l’air d’avoir perduré ici à travers les âges et les
frontières pour le grand bonheur des gogos égarés! et la tirelire de la
dite « vierge » !
Encore une
petite partie de « Farkle », jeu de dés sud-africain , auquel nous
ont initiés Geneviève et Gérard et dont nous sommes devenus fanas !
valises pour notre équipage avec une
arrivée magistrale de Geneviève à l’ »happy hour » prête pour le
départ, en bikini vert anis surmonté d’un col de fourrure blanc !!!préparation
psychologique du plus bel effet, pour un retour vers les frimas européens !!!photo souvenir!!!
Notre équipage nous invite à dîner sur BELLAMY
CAY (ça ne s’invente pas !) au « Last resort », le bien nommé,
car la nuit venue, et un « happy hour » final bien fêté, nous avons
oublié la présence d’un pâté de corail qui s’est brutalement rappelé à notre
souvenir quand le fond de l’annexe a heurté le sol ;braquage arrière
toutes et ouf !sortis d’affaires !le restaurant est magnifique sur
son îlot, et le dîner nous change des « fish and fried » habituels,
avec une cuisine moderne aux accents italianisants. Mais, là aussi le
« live tonight » fait des ravages, cette fois dans un style « lounge
bar planant », tendance peace and love !nous rejoignons BEL AMI
d’urgence et fermons les écoutilles pour espérer dormir, d’autant que Gérard et
Geneviève décollent à 7h du matin et qu’il faut se lever à 5h 30 pour partir du
bateau à 6h45 sur l’annexe, en pleine nuit afin de rejoindre le ponton et la
salle d’enregistrement à l’heure! l’odyssée se finit bien, après quelques
tangages risqués et aléatoires, le captain tient bon la barre et nous arrivons
au ponton, malgré ma crainte de nous voir terminer tous les 4 à l’eau avec les
valises, et notre équipage en grande tenue de retour à la civilisation, dans
une nuit noire comme de l’encre!!!
Il paraît
que jeudi prochain aura lieu la « full moon party night » !!!en
ouverture des régates de Treillis bay/Anegada, oui !!!vous savez : reggae
à gogo tous les soirs!!!inutile de vous préciser que BEL AMI va se mettre aux
abris !!! en attendant dimanche soir et, l’arrivée de Pierre et Kate à
Treillis bay :pourvu qu’on trouve une bouée de libre dans le
mouillage au milieu de l’armada des concurrents de régate!!!sinon, l’opération
« débarquement » en annexe toujours dans la nuit noire
tropicale, va se compliquer sérieusement et risque de se transformer en
« nuit la plus longue »!!!
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